Sadie Sagriff

Sadie Segriff. Photo: Maggie Brook

Biographie

Sadie Segriff est danseureuse et artiste en médias numériques basée à Tiohtià:ke (Montréal), originaire de Whitehorse, Yukon, territoire traditionnel et actuel de la Première Nation Kwanlin Dün et du Conseil Ta’an Kwäch’än. La pratique de Sadie est guidée par une exploration de l’identité humaine, de l’expression et des liens complexes que les individus partagent avec l’environnement naturel. En avril 2019, Sadie a co-fondé Off Course Footing, un collectif qui a pour objectif de sortir la danse du cadre traditionnel du théâtre ou du studio pour la rendre accessible au grand public, en utilisant des espaces préexistants dans la nature. En 2021, Off Course Footing a présenté leur spectacle extérieur de quatre heures, In Relation, au Yukon Arts Centre. Sadie est diplômé.e de la School of Performance Dance de l’Université Toronto Metropolitan (anciennement Ryerson) depuis 2021, où iel a reçu le prix Pamela Hackett d’Excellence en Danse. Iel suit également des cours en arts interdisciplinaires à l’Université Concordia dans le cadre d’un deuxième baccalauréat.

Démarche artistique

Ma pratique est guidée par une exploration continue de l’identité humaine, de l’expression et des liens complexes que les individus entretiennent avec l’environnement naturel. Mon travail est fortement influencé par mon origine nordique, ma connexion à la nature et mon engagement en faveur de la protection de l’environnement. La performance et les médias numériques sont les moyens que j’utilise pour étudier comment nous nous déplaçons avec la terre, comment celle-ci nous façonne et comment elle reflète notre présence. Mes œuvres ont pris la forme de performances en direct en plein air, de films de danse et d’installations.

Ma nouvelle création, HEAP LEACH, a été présentée à la galerie VAV en avril 2025. Elle constitue une réponse à la catastrophe minière du 24 juin 2024, lorsque la digue de lixiviation de la mine Eagle Gold de Victoria Gold a cédé, provoquant un glissement de terrain qui a libéré du cyanure dans la terre et les eaux souterraines. L’écologie n’est pas simplement un thème dans mon travail, mais une présence avec laquelle je suis en dialogue, invitant la terre à guider la direction de mes œuvres.

Frame of Referance (2020). Sadie Segriff. Photo: Sadie Segriff

Questions - réponses

Quels enjeux écologiques t'intéressent dans ton travail artistique ?

Mon œuvre la plus récente, HEAP LEACH, a été une réponse à la catastrophe minière qui a eu lieu au nord de Mayo, au Yukon, le 24 juin 2024. Cet événement a profondément affecté la Nation Na-Cho Nyak Dun. Je m’interesse à sensibiliser le public aux enjeux écologiques dans le Yukon, comme l’exploitation aurifère au Québec et l’Île de la Tortue.

Comment abordes-tu ces questions/thématiques écologiques dans tes créations / tes pratiques ?

Dans ma pratique artistique, j’aborde les questions écologiques à travers une perspective incarnée. Plutôt que d’aborder les enjeux environnementaux uniquement par des faits ou des statistiques, j’explore les relations entre les personnes et la terre. Mon travail se déroule souvent en plein air, utilisant le mouvement pour examiner comment l’environnement influence l’identité.

Quelles méthodes de travail utilises-tu en processus de création en lien avec l'écologie ?

Lors de mes processus de création, j’aime passer du temps à l’extérieur, en puisant inspiration dans l’environnement naturel, que ce soit la texture des montagnes, la façon dont le vent fait bouger les feuilles ou la manière dont cela façonne mes mouvements. Je prends le temps de me connecter à l’endroit où je me trouve, de rechercher à qui appartient cette terre et de créer un espace de gratitude pour ce lieu.

Lena Residency (2022).Sadie Segriff, Barbara Simms. Photo: Dayna Szyndrowski

Quelles formes prennent tes œuvres ou tes pratiques et pourquoi ?

Je suis avant tout une danseuse, mon inspiration commence par le mouvement. Au fil du temps, je me suis tournée vers les médias numériques comme une manière de préserver la nature d’une certaine façon. Mon travail s’est développé en une approche interdisciplinaire. En 2023, j’ai présenté mon œuvre Healing Reflections au Festival (S)hiver Arts. Il s’agissait d’une performance de danse en direct à l’extérieur, par -20°C, illuminée par des projections d’images d’eau.

Quelle relation au public établis-tu et pourquoi ?

Beaucoup de personnes avec qui j’entre en contact au Québec n’ont jamais rencontré quelqu’un venu du Yukon. La plupart du temps, lorsqu’ils entendent « Yukon », ils pensent uniquement à la ruée vers l’or. Je souhaite leur faire découvrir une relation plus profonde avec le lieu, la terre et l’identité.

Quelles relations établis-tu avec tes milieux de pratique et pourquoi ?

Je m’interesse à l’idée que tout dans la nature est en mouvement, que même la tranquillité contient une danse, et j’utilise cette perspective pour brouiller les frontières entre le corps humain et le monde naturel. À travers des expériences immersives, je cherche à évoquer un sentiment d’interconnexion et de révérence pour le lieu, invitant le public à reconsidérer ses propres relations avec les écosystèmes qui l’entourent.