Austarda (Collectif)
Collectif Austarda: Angélique Aymot et Roger Cournoyer. Photo: Vincent Drouin
Biographie
Austarda est un collectif, cofondé par Angélique Amyot et Roger Cournoyer, qui déploie ses explorations à travers la performance, l’image animée et l’installation. Leurs interventions oscillent entre la performance in situ — comme aux Marchés publics de Portneuf ou au Couvent de Beauport — et la création visuelle.
Parmi leurs œuvres vidéo, la pièce *Pars* (co-réalisée avec Clarissa Rebouças) a bénéficié d’un rayonnement international, étant présentée au Canada (Dance: Made in Canada, Toronto, 2023), en Inde (Ahmedabad International Film Festival, 2025), en Ukraine (Dispatches of War, 2024) et au Brésil (Festival de cinéma Musica em foco, 2025). Le collectif propose également l’œuvre *Suis-moi*, diffusée au Q3Ambiant Fest en Allemagne. Par ailleurs, l’exposition *Un point bleu pâle* (Couvent de Beauport, 2024) synthétise leurs recherches entre photographie, installation, danse et musique.
Actuellement, Austarda développe le projet *Portrait d’un paysage*, une recherche collaborative entre artistes du mouvement et du son, en partenariat avec E27 Musiques nouvelles et la Ferme Anjanel. Ce travail, qui explore la diversité comme vecteur de réflexion, a déjà fait l’objet de performances remarquées au Festival Fait Maison (Maison pour la danse, 2024-2025), au Festival Danser le Petit Champlain (Théâtre du Petit Champlain, 2025), à l’OFF du Festival d’été de Québec (2025) et au Festival Viens voir ailleurs (E27 Musiques nouvelles, 2026).
Démarche artistique
La pratique d’Austarda cherche à créer des espaces où le mouvement, le son et l’espace s’unissent pour former un tout cohérent. Plutôt que de travailler des disciplines séparées, le collectif cultive des milieux de rencontre où l’on peut agir et être présent de manière naturelle.
Cette approche s’inspire de la nature et de ses mécanismes d’organisation. En intégrant des principes de permaculture et d’écologie, Austarda conçoit ses œuvres comme des environnements vivants qui favorisent l’autonomie et l’écoute. L’idée n’est pas d’imposer une direction ou un résultat précis, mais de préparer une forme assez accueillante pour que l’élan de chacun puisse s’exprimer librement.
Le nom du collectif évoque l’outarde, symbole de détermination et de coopération. Cette identité guide la manière dont le groupe collabore : en privilégiant la confiance et la communication pour créer des œuvres où l’individu et le collectif se rejoignent. En mariant l’intuition et l’intention, Austarda propose des espaces de rencontre qui invitent à réfléchir sur notre lien au monde et sur notre capacité à agir ensemble, avec justesse.
Portrait d'un Paysage (2025). Collectif Austarda. Photo: Vincent Drouin
Questions - réponses
Quels enjeux écologiques t'intéressent dans ton travail artistique ?
Nous nous intéressons à la manière dont le vivant s’organise et se maintient en équilibre.
Au-delà de la protection de la nature, notre questionnement porte sur l’interdépendance : comment chaque élément, qu’il soit humain, sonore ou spatial,
influence le mouvement de l’ensemble. Nous explorons la capacité des systèmes —et des êtres — à retrouver leur propre rythme et leur propre sens au sein d’un environnement partagé.
Comment abordes-tu ces questions/thématiques écologiques dans tes créations / tes pratiques ?
Plutôt que de représenter l’écologie, nous cherchons à en incarner les principes. Nous travaillons sur l’idée de l’émergence : comment créer un espace où l’ordre n’est pas imposé, mais naît de lui-même, de manière fluide et auto-régulée.
Notre approche consiste à transformer la forme pour qu’elle ne soit plus une contrainte, mais un soutien qui permet au flux de circuler librement.
Quelles méthodes de travail utilises-tu en processus de création en lien avec l'écologie ?
Notre processus est guidé par l’observation et le respect des rythmes naturels. Nous nous inspirons de l’intelligence de la nature — ce que l’on retrouve dans la permaculture ou le biomimétisme — pour concevoir nos œuvres non pas comme des objets finis, mais comme des milieux vivants. Nous privilégions une présence qui allie intuition et intention, en apprenant à lire la qualité du moment plutôt qu’à vouloir diriger l’action.
Portrait d'un Paysage (2025). Collectif Austarda. Photo: Vincent Drouin
Quelles formes prennent tes œuvres ou tes pratiques et pourquoi ?
Notre processus est guidé par l’observation et le respect des rythmes naturels. Nous nous inspirons de l’intelligence de la nature — ce que l’on retrouve dans la permaculture ou le biomimétisme — pour concevoir nos œuvres non pas comme des objets finis, mais comme des milieux vivants. Nous privilégions une présence qui allie intuition et intention, en apprenant à lire la qualité du moment plutôt qu’à vouloir diriger l’action.
Quelle relation au public établis-tu et pourquoi ?
Nous souhaitons une relation fondée sur l’autonomie et l’écoute. Nous ne cherchons pas à guider le regard ou le geste du public, mais à offrir un espace où chacun peut choisir sa propre manière d’être : agir, observer, écouter ou simplement se déposer. Nous croyons que c’est dans ce respect de l’élan individuel que naît une véritable expérience collective et une présence partagée.
Quelles relations établis-tu avec tes milieux de pratique et pourquoi ?
Nous cherchons à habiter nos milieux de pratique plutôt qu’à simplement les occuper. Qu’il s’agisse de collaborations avec d’autres artistes ou d’interventions
dans des lieux chargés d’histoire ou de vie, nous privilégions une relation de résonance. Nous voulons que l’œuvre soit en dialogue avec son environnement, s’inscrivant dans une dynamique de confiance et de coopération qui nourrit tant le créateur que le lieu et la communauté.