Mariana Chacon

Mariana Chacon. Photo: Sébastien Lozé

Biographie

Mariana a commencé son parcours en danse à l’âge de 4 ans, tombant immédiatement amoureuse du ballet classique. Son engagement envers cette discipline l’a conduite à terminer ses études à la Royal Academy of Dance à l’âge de 21 ans. Tout au long de sa formation en ballet, Mariana a élargi son répertoire en explorant différents styles de danse, notamment le jazz, la danse contemporaine, la danse urbaine, le tap dance et la danse latine. Parallèlement à sa carrière de danseuse, elle a également étudié la psychologie, découvrant que ces deux domaines — la danse et la psychologie — offrent des perspectives profondes sur l’expérience humaine. Son parcours académique a complété sa pratique de la danse, en particulier lorsqu’elle a commencé à explorer les intersections entre le mouvement et la guérison émotionnelle.

Démarche artistique

Mon approche artistique commence par des moments de vulnérabilité où je suis capable de me voir comme un être connecté aux autres, y compris à la nature. La danse m’a beaucoup apporté en technique, mais je comprends, à travers ma pratique de la performance, que c’est par l’honnêteté et en me laissant être vue par les autres que je peux avoir une conversation avec eux.
Je crois que la relation entre ma performance et l’écologie est très claire, car je m’intéresse à l’autre et à offrir ce moment de conscience où ils peuvent uniquement exister avec moi dans mon univers, tout en étant ouverts à voir et partager leurs propres univers. Arriver à cela, pouvoir sensibiliser l’autre, fait partie du soin et de l’énergie nécessaires pour guérir. Pour créer, j’écris beaucoup sur les connexions manquantes avec l’humain et la nature, puis j’improvise à partir de là ; j’ai ma performance de danse ainsi qu’une autre avec le cerceau.

En mi propio movimiento (2022). Chorégraphie:Maritza Espinoza. Interprètes: Collectif Dale Play.

Questions - réponses

Quels enjeux écologiques t'intéressent dans ton travail artistique ?

Le Manque d’empathie envers les autres et la nature.
Les Moments de conscience ou de pleine conscience.
Le rythme de vie capitaliste.

Comment abordes-tu ces questions/thématiques écologiques dans tes créations / tes pratiques ?

À travers le mouvement, les mots, et la création d’un espace sûr et intime, je souhaite que le spectateur ressente la chaleur émanant de moi en tant qu’artiste, ainsi qu’une expérience collective. Je l’encourage à établir des connexions avec les autres participants à l’aide de certains objets ou accessoires durant la performance.

Quelles méthodes de travail utilises-tu en processus de création en lien avec l'écologie ?

Dans mon processus créatif, je privilégie la performance sans scénographie préétablie, en la construisant tout au long de la représentation. Je veille également à ce que mes matériaux, tels que les costumes et les éléments de décor, soient issus de sources durables ou recyclés/reutilisés lorsque cela est possible. Mon objectif est de créer une œuvre respectueuse de la nature, tout en invitant le public à réfléchir aux enjeux écologiques qui affectent notre monde, comme le capitalisme. En intégrant ces thèmes dans la chorégraphie, j’encourage une connexion plus profonde entre le corps humain et le monde naturel, favorisant la conscience et l’action. Je préconfigure aussi l’espace avec des messages liés à la connexion, à la conscience, au ralentissement et à la signification de concepts importants dans ma performance, tels que : rencontre, pleine conscience, empathie.

My body as a container (2023). Chorégraphie et Interprètation: Mariana Chacon. Photo: Guilaume Fleury

Quelles formes prennent tes œuvres ou tes pratiques et pourquoi ?

Ma pratique de la danse mêle souvent des formes contemporaines et expérimentales, combinant le mouvement avec de la musique instrumentale et des éléments visuels déjà présents dans l’espace. Je trouve que cette fusion de formats me permet d’explorer plus en profondeur des thèmes tels que la connexion, la perception et la transformation. L’intégration de médias mixtes renforce l’impact émotionnel de l’œuvre et crée une expérience plus immersive pour le public. J’incorpore également des éléments d’improvisation, car ils offrent un espace de spontanéité et d’expression personnelle, qui sont au cœur de mon processus créatif. Chaque forme que je choisis contribue à enrichir la narration et les couches émotionnelles de la performance, tout en repoussant mes propres limites et celles du spectateur.

Quelle relation au public établis-tu et pourquoi ?

La relation étroite commence dès lors que la scène et le public ne sont pas séparés, car il s’agit d’un espace réduit. Je laisse du temps pour qu’ils puissent lire les messages qui l’entourent, ce qui favorise une invitation à l’accueil et à la chaleur du lieu. Le silence qu’ils créent eux-mêmes leur permet d’arriver, de s’installer et de se sentir à l’aise dans l’espace, facilitant ainsi une connexion plus profonde et authentique.

Quelles relations établis-tu avec tes milieux de pratique et pourquoi ?

Pour moi, c’est un espace sacré, très intime aussi, où je prie mon expression. Lorsque je dis « prier », je sens que l’espace sert de moyen pour encourager et favoriser la circulation de l’énergie, permettant à ce rythme de se poursuivre encore et encore. Je nomme ma pratique « prière pour la lumière ».