Héloise Husquinet

Héloise Husquinet. Photo: Corentin Cuvelier

Biographie

Je suis autrice, performeuse et chercheuse. Je m’intéresse à l’hybridation de la danse, de la poésie, de la voix, et de la recherche théorique. J’ai fait partie de plusieurs collectifs artistiques en danse, poésie et arts visuels. J’ai travaillé dans le domaine de l’éducation populaire et de la médiation culturelle pour différents organismes communautaires et militants, en créant des liens entre la pratique du mouvement, de la poésie et la pensée critique. J’ai organisé des événements et mené des recherches sur la manière dont les corps s’inscrivent dans les lieux et la place du corps dans l’apprentissage. Mon travail de recherche et de création interroge la manière dont les pratiques de conscience du corps peuvent soutenir l’émergence de la parole et le déploiement du geste, dans une perspective féministe et écosomatique. Actuellement, je m’intéresse particulièrement à la notion de jardin et à la survivance des lieux dans le corps.

Démarche artistique

J’ai une longue pratique de l’improvisation en danse (en studio et in situ), au sein de collectifs pour lesquels la rencontre et le dialogue avec l’environnement étaient essentiels. La notion de lieu est très importante dans mon travail. Dans ma pratique de la danse comme dans celle de l’écriture, je cherche à faire parler ce qui hante, entre remémoration et fabulation, mais aussi à recréer un support, un sol, en excavant les couches. Au moyen de visualisations et d’outils somatiques, je cherche à redonner accès à la sensation des lieux qui ont été porteurs. Je m’intéresse particulièrement à la notion de jardin et aux espaces qui suscitent le foisonnement, entre le rêve et l’éveil. Mon travail se décline à travers des ateliers de mouvement, des textes poétique et des créations interdisciplinaires (création sonore et visuelle, performance).

Héloise Husquinet. Photo: Corentin Cuvelier

Questions - réponses

Quels enjeux écologiques t'intéressent dans ton travail artistique ?

Je m’intéresse à la relation que l’on tisse avec son environnement (en terme d’écoute, de gestuelle, de regard) et à la manière dont l’humain se considère parmi les autres humains et au sein de son écosystème. Je perçois la création d’espaces de foisonnement dans des contextes où la nature n’est pas directement présente comme une pratique d’espoir et de résistance. Je pense que les pratiques de mouvement ont un rôle à jouer dans la préservation (ou réhabilitation) des espaces et dans la sensibilisation de/au monde vivant en nous et autour de nous.

Comment abordes-tu ces questions/thématiques écologiques dans tes créations / tes pratiques ?

À travers l’élaboration de dispositifs et d’outils qui créent des dispositions physiques et perceptives particulières et permettent de se connecter avec certains lieux (dans le studio et les ateliers) ; en abordant directement les notions de lieux, de foisonnement (dans mes textes, mes ateliers) ; en utilisant des images liées à des lieux (dans la recherche de mouvement ou de mots) ; en jouant sur les contrastes de mouvement et de rythme correspondant à différentes manières d’habiter l’espace et en ramenant des éléments symboliques liés aux cycles du vivant et au temps (dans la performance).

Quelles méthodes de travail utilises-tu en processus de création en lien avec l'écologie ?

Idéalement, j’ai accès à des espaces où je peux rencontrer d’autres formes de vie que la vie humaine, j’écoute, je regarde, je sens et je collecte les signes qui émergent de la rencontre. J’utilise les outils somatiques pour me reconnecter avec les sensations que j’ai expérimentées en contact avec le monde végétal et pour que bruissent d’autres possibles de mouvement, en studio.

Quelles formes prennent tes œuvres ou tes pratiques et pourquoi ?

Performance (danse, poésie, voix), poésie sonore

Quelle relation au public établis-tu et pourquoi ?

Je privilégie une relation assez intime (en terme de distance physique dans la performance ; ou dans la manière de s’adresser au public dans le langage), qui parle directement aux sensations de la personne qui écoute/regarde. Je cherche à affecter le public à travers le sensible, sans chercher le spectaculaire.

Quelles relations établis-tu avec tes milieux de pratique et pourquoi ?

Des relations en constellation : je veille à tisser des liens à travers les villes et les territoires (Québec, Belgique) ; les dialogues et les rencontres avec d’autres artistes du milieu fonctionnent comme des points d’appui, des occasions de rebond dans la pensée et la pratique; je soutiens les initiatives de création de communautés liées à des espaces spécifiques à partager ; je privilégie les milieux de pratique dont les engagements politiques sont clairement énoncés (et en accord avec les miens).