Romain Bécourt

Romain Bécourt. Photo: Marie Bécourt

Biographie

Romain Bécourt est un artiste visuel, poète, performeur, médiateur culturel et pédagogue originaire de Normandie en France. Il a participé à plusieurs expositions, résidences et festival à Montréal et au Québec dont le Fringe Montréal en juin 2024, une résidence de création avec la salle de diffusion de Parc-Extension en mai 2024 et une résidence au MAI (Montréal, arts interculturels) en avril 2024 et juin 2023. Sa dernière exposition solo en 2022 « Ici et maintenant, je suis » à Gham & Dhafe est le miroir sonore et visuel d’un voyage à la rencontre de son identité artistique depuis son arrivée à Montréal en 2013. Depuis, il a participé à quelques expositions collectives dont la dernière à Articule en février 2023 et une exposition in situ dans le parc de sculpture de la Ville de Saint-Isidore en juillet 2022.

Démarche artistique

Issu de la communauté 2SLGBTQQIPAA+, mon art est devenu un outil dans ma croissance identitaire et artistique. Mes recherches et ma pratique multidisciplinaire visent à interroger la perception intuitive de nos sens et le langage chromatique, cherchant à révéler les subtilités de notre environnement. J’explore et tisse des liens entre les diverses strates de nos êtres : mentales, émotionnelles, physiques et spirituelles.
Dans ma pratique en performance, je cherche à explorer la manière dont je peux m’immerger au cœur d’une performance dans la création d’une peinture somatique, tout en établissant un parallèle vivant entre le cheminement identitaire, mon vécu et la psychologie des couleurs. Je mets en jeu mon corps humain, torse nu, comme un outil de création, explorant ainsi la relation entre mes mouvements corporels, ma peau et mon œuvre. Pour moi, la toile est un corps et une relation s’installe entre elle et moi. Je façonne ma performance comme un rituel et l’ancre dans ma pratique somatique au moyen de mots et de couleurs que j’emploie pour exprimer à la fois une force et une vulnérabilité contribuant à une libération identitaire.

Lumina + Sens (2026). Photo: Coline Jourdan

Questions - réponses

Quels enjeux écologiques t'intéressent dans ton travail artistique ?

PEINTURE ISSUE DE MATIÈRES NATURELLES

La peinture acrylique sur ma peau durant mes performances, s’est révélée nocive. Le geste de frotter durement ma peau pour enlever les couches de peinture sèche, provoquant rougeurs et irritations, a engendré en moi un sentiment de violence intérieure, rappelant des moments douloureux de mon adolescence. Cette toxicité physique entre en contradiction avec les valeurs de ma démarche, fondée sur le soin de soi et de son corps. Ce constat m’a conduit à envisager l’utilisation de la peinture naturelle Tempéra, plus respectueuse du corps. Mon intérêt pour ce médium s’est approfondi au fil de mes lectures, tissant des liens entre ma pratique d’artiste visuel et mon projet Transcendance.

LA PERCEPTION INTUITIVE DE NOS SENS

Dans ma pratique artistique, je m’intéresse profondément à l’enjeu de la reconnexion sensible au vivant. Mon travail explore une perception intuitive de nos sens, une manière de se relier au monde non pas uniquement par l’intellect, mais par une écoute sensible, corporelle et méditative. En mêlant art et contemplation, je cherche à créer des expériences où le spectateur peut se déposer, ralentir, et ressentir autrement son environnement. Reconnecter à nos sens, c’est aussi reconnecter à notre appartenance au vivant, à l’invisible qui nous relie et nous entoure.

Comment abordes-tu ces questions/thématiques écologiques dans tes créations / tes pratiques ?

PEINTURE ISSUE DE MATIÈRES NATURELLES

Pour approfondir cette exploration, j’ai commencé un processus de production de mes pigments végétaux. Dans une intention de créer ma peinture à base de pigmentations naturelles en direct durant mes performances, je vais travailler ma relation avec la matérialité tout en interrogeant mon rapport à la peau, au corps et les narrations qui en découlent. Cette démarche viendra nourrir le développement de mon langage avec les couleurs et les végétaux.

Quelles méthodes de travail utilises-tu en processus de création en lien avec l'écologie ?

Mes créations sont des invitations à ralentir, à observer, à ressentir des espaces où l’on peut se laisser toucher par la subtilité d’un mouvement, d’une couleur. J’explore les liens intimes entre le langage du corps en mouvement, la dimension expressive de la couleur, et notre ressenti sensoriel.

Nom de la pìece, (2024). Romain Bécourt. Photo: Brooklyn Melnyk

Quelles formes prennent tes œuvres ou tes pratiques et pourquoi ?

Ma pratique artistique s’est d’abord ancrée dans la création en nature, sous la forme d’œuvres environnementales. J’ai ressenti le besoin de travailler en lien direct avec les éléments — les matières, les textures, les rythmes du vivant :
Je me dépose et m’abandonne : Une installation sonore et visuelle vous invitant à plonger au cœur d’une expérience poétique et méditative, éveillant vos cinq sens.
Ma pratique artistique s’est d’abord ancrée dans la création en nature, sous la forme d’œuvres environnementales. J’ai ressenti le besoin de travailler en lien direct avec les éléments — les matières, les textures, les rythmes du vivant :
Je me dépose et m’abandonne : Une installation sonore et visuelle vous invitant à plonger au cœur d’une expérience poétique et méditative, éveillant vos cinq sens.
Où l’invisible devient visible : Installation visuelle et sonore immersive

Puis, avec le temps, mon travail s’est déplacé vers la performance et notamment la peinture somatique centrée sur le ressenti corporel et sensoriel. Cette exploration m’a conduit à approfondir mon lien au vivant, en me tournant vers la création de pigments issus de végétaux. De cette démarche est né un langage vivant et subtil, qui s’est ouvert à moi comme une nouvelle manière de dialoguer avec la nature.

Quelle relation au public établis-tu et pourquoi ?

La relation que j’établis avec le public est avant tout sensible, intime et immersive. Que ce soit à travers la performance, l’installation ou la médiation culturel, mon intention est d’inviter le public à ralentir, ressentir et connecter à ses sens.

Quelles relations établis-tu avec tes milieux de pratique et pourquoi ?

J’établis une relation consciente avec mes milieux de pratique, j’habite ses espaces avec attention et présence dans un dialogue avec ce qui est déjà là. Les enseignements du programme « Performance : approche exploratoire » avec Sylvie Tourangeau à l’Université de Sherbrooke m’ont permis d’approfondir cette approche et les densités qui m’entourent.