Sacha Kleinplatz

Sasha Kleinplatz. Photo: Talia Kleinplatz

Biographie

Sasha Kleinplatz est une chorégraphe et curatrice qui travaille et pense dans le domaine de la performance contemporaine. Elle est la co-créatrice des plateformes chorégraphiques Piss in the Pool, Short&Sweet et Lots of Love fest. De 2024 à 2025, Sasha a occupé le poste de directrice artistique intérimaire du centre de résidence et d’ateliers Studio 303. En 2024, elle a également reçu le Prix Grand Sages de la province de Québec, qui reconnaît ses recherches doctorales en cours sur la récupération des traces de performance, qu’elle nomme The Leftovers. Son travail a été présenté au Canada, aux États-Unis, en Espagne et au Portugal. Sa nouvelle chorégraphie, Making Time, sera créée en première à Montréal, au Théâtre Lachapelle, en septembre 2025.

Démarche artistique

Les chorégraphies de Sasha examinent l’intimité entre les humains et les non-humains, élargissant les notions de où nous pouvons situer les techniques de soin et de consentement. Sur le plan écologique, le travail de Sasha étudie les relations et les devenir entre les organismes dans différents états de vivacité. Elle espère qu’à travers ces études, elle pourra inciter à la réflexion sur la co-responsabilité mutuelle et envers les mondes dans lesquels nous vivons.

Photo: Kinga Michalska

Questions - réponses

Quels enjeux écologiques t'intéressent dans ton travail artistique ?

Co-responsabilités. Consentement. Notions éthiques de relation. La Terre en tant qu’agent vivant.

Comment abordes-tu ces questions/thématiques écologiques dans tes créations / tes pratiques ?

En construisant des structures qui permettent le développement de relations inattendues à travers des modes de performativité et de présence. En créant des contextes qui soutiennent avec enthousiasme la prise de risques. En générant des formes qui favorisent un sentiment de solidarité parmi les performeurs, le public et les co-conspirateurs.

Quelles méthodes de travail utilises-tu en processus de création en lien avec l'écologie ?

L’improvisation, la communication avec les plantes, la collaboration avec des paysages sonores, la co-création avec des artistes, le partage de la reconnaissance et des responsabilités, des modes curatoriaux de création communautaire, la réactivité au lieu, à la localité et au contexte.

Photo: Kinga Michalska

Quelles formes prennent tes œuvres ou tes pratiques et pourquoi ?

Les installations chorégraphiques, les œuvres longues, les initiatives curatoriales, l’enseignement — je vois toutes ces formes de pratique comme étant liées à mon désir de vivre et de travailler dans une écologie artistique de soin. Je considère la danse à Montréal comme ayant une écologie très spécifique et profondément enracinée, à laquelle je suis liée depuis vingt ans. Ma place dans cette écologie exige une sorte d’agilité et de réactivité qui doivent être constamment en pratique, afin d’occuper l’espace de manière éthique et réfléchie.

Quelle relation au public établis-tu et pourquoi ?

J’essaie de favoriser des relations interdépendantes avec le public, qui permettent une réflexion profonde et un échange authentique. Je m’efforce également de créer des contextes pour le public qui soutiennent la prise de risques de la part des artistes. Ces deux éléments facilitent, selon moi, une implication plus profonde et une vulnérabilité accrue dans la présence, tant du côté du public que des artistes qui créent et présentent leur travail.

Quelles relations établis-tu avec tes milieux de pratique et pourquoi ?

Je considère tous les environnements de pratique comme des sites, dans le sens où ils offrent toujours une opportunité d’être réactif au contexte et à l’environnement. Même si je travaille dans un espace de théâtre traditionnel, il est important pour moi de ne pas donner pour acquis l’architecture, le quartier et les particularités des communautés qui entourent le théâtre. Je vois cela comme une responsabilité de l’artiste d’aborder chaque contexte de performance comme un débutant, avec une curiosité envers les histoires et les expériences affectives qui sont possibles dans un lieu spécifique. Par conséquent, la « place » ou « localité » constitue une dimension fondamentale de ma pratique, et elle exige une forme de responsabilité et d’attention particulière à l’égard du lieu.